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Cuba chapitre 2 : la Ropa Vieja ou THE plat traditionnel cubain

Dans le voyage comme dans la bouffe, tout est une question de rencontre, d’échange avec des êtres humains, de partage. Laisse-moi te conter l’histoire, ou plutôt MON histoire, de la « Ropa Vieja », le plat typique de Cuba, qui m’a été enseigné par la plus belle des mamas cubaines, ma Carmen !

Si tu suis un peu le déroulé de l’histoire, que tu as lu les articles précédents (dont celui où j’explique que je me suis fait volé ma carte bancaire et mon cash et aussi celui sur mon arrivée à Cuba avec 4 dollars), tu sais que mon début de voyage est quelque peu… chaotique !!! En revanche, si tu me connais un peu ou que tu commences à cerner un peu qui je suis, tu te doutes que tout ça n’entame pas ma soif de découverte et ma faim d’aventure© (that’s my baseline) ! Ouais, j’ai la daaaaaaaalle de la vie et je vais rien laisser gâcher ça ! MERDE !

Bon, là j’ai aussi la chance d’avoir retrouvé mon papa pour une dizaine de jours à Cuba, ce qui soulève de mes petites épaules, quelques soucis technico-financiers. Depuis nos retrouvailles à La Havane, je me suis donc greffée au voyage de mon père et ma belle-mère. Pour expliquer le contexte, mon père et ma belle-mère (du nom de Lene), qui viennent du Danemark, avaient prévu un séjour de deux semaines à Cuba depuis plusieurs mois et puis moi, la petite « backpackeuse » pas très organisée (du tout) je me suis dit au dernier moment, pendant que j’étais au Costa Rica :

« Ah beh tiens, en fait on est pas loin, je pourrais peut-être m’incruster dans leurs vacances et me taper 10 jours de voyage à l’oeil payés par papa les rejoindre sur l’île et ainsi leur apporter mon soutien linguistique puisqu’ils ne parlent pas un mot d’espagnol ! »

Non, je déconne bien entendu !
On était franchement tous les trois super contents de passer ce bout de voyage ensemble !!!

Tous leurs logements et déplacements étaient déjà réservés et il ne me restait qu’à négocier avec les proprios des casas particulares pour me joindre à eux. Ah oui ! Il faut que j’explique… à Cuba, il y a plusieurs moyens de se loger en tant que touriste : les hôtels (il y en a des plus ou moins luxueux avec tout ce qu’un hôtel propose habituellement) et les casas particulares, sorte de bed and breakfast ou maison d’hôtes. Moins chers et plus authentiques que les hôtels, on est logés chez l’habitant, petit déjeuner (hyper copieux) compris. On peut ensuite réserver ou non auprès des propriétaires pour manger le soir ou le midi, bref, c’est flexible, comme chez maman !

Bon, la gastronomie cubaine, disons-le, c’est pas quelque chose de franchement réputé dans le monde ! Et je vais pas t’écrire là un article qui dément cette affirmation. Après avoir diner et déjeuner dans plusieurs restaurants pour la plupart « attrape-touriste », on a vite compris que la meilleure option était encore de manger sur place, à la casa, chez la mama quoi ! Car si l’originalité n’est peut-être pas toujours au rendez-vous, les plats y sont toujours extrêmement généreux et les produits simples et gouteux. Et après tout, c’est ça qu’on veut !

Papa, Lene et moi, on a donc suivi un itinéraire somme toute classique pour le visiteur lambda, de casa particular en casa particular, principalement à travers l’ouest de l’île. Itinéraire qui nous a mené à Trinidad, la ville de la salsa cubaine !!!

La casa de la musica à Trinidad.

 

Parque de los perros et l’église à Trinidad.

 

Coucher de soleil sur Trinidad, la belle.

 

Cette petite bourgade, malheureusement un peu trop touristique, a néanmoins des atouts indéniables qu’il faut bien lui reconnaitre :

  1. la plage
  2. la salsa
  3. Carmen

La proximité avec la plage c’est quand même très cool parce que bon, il fait super chaud. La salsa… et bah ça aussi, faut bien le dire, c’est super chaud ! Mais le plus important du plus important de Trinidad, c’est Carmen.
Aaaaah Carmen !
❤❤ Tellement d’amour dans mon cœur pour cette femme… ❤❤
Est-ce qu’on croit au hasard de la vie ou pas ? Moi je sais pas, j’aurais tendance à dire que les choses arrivent pour une raison… En tout cas, on s’est retrouvés chez Carmen car c’est l’adresse que nous avait donné le tour operator danois de mon papa, on aurait pu atterrir chez Carlos, chez Maria ou chez Rosa…
Mais on a atterris chez Carmen ! Et c’était trop cool !

Lene, Carmen et moi, au petit-déjeuner <3

 

J’ai tout de suite senti cet amour maternel inconditionnel émaner d’elle, un truc hyper doux, réconfortant et sincère. Bref, j’ai noué un lien très fort avec elle et lorsque mon chemin s’est séparé d’avec celui de mon papa et Lene, je suis retournée chez Carmen… mais genre comme si je rentrais chez ma mère, en famille.

Papa, Carmen et sa petite chienne Carma et Lene…

 

Papa et Lene s’en vont et moi je reste chez ma mama !!!

 

Je me sentais tellement chez moi avec elle.
Et du coup c’est là que je lui ai demandé de m’apprendre à cuisiner la Ropa vieja, le plat typique cubain que j’avais par ailleurs goûté dans plusieurs restos et dont pas une seule de ces versions-là n’avait égalé la recette et l’exécution de Carmen.

Pour les amoureux de la langue, la ropa vieja littéralement, en français, ça veut dire le « vieil habit » ou le « vieux tissu », rapport à la viande effilochée (comme un vêtement en lambeaux) qui est la base de ce plat. Enfin, ça c’est UNE hypothèse.

Parce que, oui, pour la petite histoire en faisant mes recherches sur les internets… j’ai trouvé des infos précieuses sur l’origine de ce plat et de son nom. Principalement ici.
Alors déjà, de 1. il faut savoir qu’il ne viendrait pas de Cuba à la base mais des Canaries et ce serait les immigrés espagnols des Canaries qui auraient emmené la recette avec eux.
Et puis de 2. la raison de ce nom farfelu (bah, si ! c’est farfelu) suscite, comme on peut s’en douter, des légendes obscures. L’une d’entre elles raconterait qu’un pauvre homme, n’ayant pas de quoi nourrir ses enfants aurait cuisiné des vieux habits en sauce… Hahaha ! Une autre prétendrait qu’un monsieur rentrait du travail, sans avoir gagné assez d’argent pour acheter à manger à sa famille et qu’il était allé chercher des vieux vêtements dans son placard pour les vendre dans la rue afin de payer la nourriture du foyer.

Le plat espagnol original est un plat à base de restes (de viande de bœuf, de poulet, de porc…) mais ce désormais classique de la gastronomie cubaine sera traditionnellement à base de bœuf uniquement (même si j’ai trouvé à la carte de certains restaurants, de la Ropa vieja d’agneau).

Si tu as envie de t’essayer à la recette de Carmen, voici les instructions (attention c’est approximatif, y’a aucune proportion précise, c’est retranscrit comme je l’ai noté dans mon cahier quand je l’ai observé dans la cuisine, c’est à dire… à l’arrache) :

  1. On va cuire la viande dans une cocotte en l’assaisonnant seulement avec du sel. On choisi un morceau de bœuf qui a la particularité de s’effilocher (sinon ça marche moins bien), style poitrine ou mieux encore de la joue.
  2. Une fois la viande cuite, on va l’effilocher à la fourchette. Rappelle-toi, c’est pour ça que le plat s’appelle ainsi : la Ropa vieja, le vieil habit (déchiré). On l’assaisonne, cette fois avec vin blanc + vinaigre (blanc), cumin et un mélange « all purpose seasoning » du placard de Carmen. D’après mes recherches et si tu voudrais le préparer toi-même, ce serait quelque chose du genre : 3 cs d’ail en poudre / 2 cs d’oignon en poudre / 2 cs de sel / 1 cs de poivre / 1 cs de cumin en poudre / 1 cs de persil sec / 1 cs d’origan sec.
  3. On laisse de côté la viande mariner dans sa marinade !!! Et pendant ce temps on va faire cuire dans une poêle des poivrons rouges avec des oignons émincés et de l’ail (je l’ai souligné sur mon cahier donc ça devait être bien important… je suggère d’en mettre une bonne dose).
  4. Après quelques minutes, verse la viande effilochée dans la poêle. Ajoute du concentré de tomate et de la tomate fraiche émincée.
  5. Laisse mijoter et puis sers-le avec du riz, des haricots rouges ou noirs, des patates, des patates frites ou du potiron cuit dans du beurre et des oignons, ou bien tout ça à la fois, ou bien ce que tu veeeeeuuuuuuux !

Et voilà !!! Je n’ai encore jamais refait la recette par moi-même et pour être honnête, j’ai peur de m’y tenter, tellement c’était bon, fait des mains de ma Carmen adorée…  😋

Si tu t’y essayes, n’hésite pas à laisser tes impressions, retours, commentaires ! Je suis curieuse de savoir ce que ça donne (avec si peu de précisions dans ma recette).

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