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Cuba chapitre 1 : can you handle your rum ?

Quand t’atterris à Cuba, y’a un seul reflex à avoir (s’envoyer du rhum) et deux options possibles (Cuba libre ou mojito). Je parlerais même de deux écoles. Moi perso, et ceux qui me connaissent le savent : I roll for the Cuba libre.

Et ça depuis… que mon monde est monde.
Oui, oui, oui, c’est mon cocktail préféré.
C’est le partenaire de mes plus belles soirées !
Ma devise « Cuba libre forever« .
CUBA LIBRE + DOUNE = <3

Ouais bon ok, je crois qu’on a compris le message !

Revenons-en au récit initial (si, si, y’a une vraie histoire tu vas voir) : mon arrivée à Cuba. Un moment « épique » (comme disent les jeunes vieux) !

Alors, re-situons la situation (#flashback) : quelques semaines plus tôt, j’avais perdu ma carte bancaire au Costa Rica et il ne me restait du dernier envoi western union qu’une trentaine de milliers de colones (t’emballes pas ça fait genre 10 balles), et 4 US dollars de mon escale à Philadelphie. Je prévoyais de changer les colones et les dollars en monnaie locale une fois arrivée à l’aéroport de la Havane. Apriori, pas besoin de beaucoup plus, je n’avais qu’à payer le taxi de l’aéroport à mon lieu d’hébergement où mon papa et ma belle maman m’attendraient, les poches pleines de fric. Le plan était ficelé comme un bon rôti de porc (#métaphoreculinaire).

Mais la ficelle a commencé à partir en effilochage total dès le check-in à l’aéroport de San José. J’arrive au guichet de la Cubana de Aviación, THE compagnie aérienne de la république de Cuba avec mon sac à dos et mon e-mail de réservation et là je vous le donne pas en mille, ni en dix mille mais bel et bien en trente mille : mon billet ne comprend pas les frais d’aéroport, il faut que je les paie, là-maintenant-tout-de-suite et ils s’élèvent à : 30 000 colones.

Si tu suis un peu tu te souviens que j’ai 30 000 colones et 4 dollars sur moi. Donc à ce moment précis j’oscille entre super-panique et danse shamanique pour remercier les dieux, les esprits et les étoiles parce que bon, j’ai juste ce qu’il faut pour embarquer dans ce putain d’avion de l’union soviétique et avoir peut-être la chance de m’écraser dans la mer caraïbe. Bref. Une fois ma dette acquittée (comme un bon Lannister), il ne me reste que 4 dollars et un sandwich préparé par Tatiana le matin même avant de quitter Puntarenas. Heureusement, parce que j’ai pas assez d’argent pour m’acheter à manger (d’ailleurs, moment de confession… désespérée, assoiffée, j’ai utilisé une bouteille d’eau abandonnée dans l’aéroport par un autre voyageur).

Moi, à l’aéroport de San José, Costa Rica. Super détendue…

 

Bon, je sais que je n’ai probablement pas assez pour me payer le taxi jusqu’au centre ville de la Havane mais je me dis que mon père m’attend à destination et qu’il sauvera la situation ! #superpapa

Précisons maintenant que (au cas où, hein, pour ceux qui savent pas) à Cuba les téléphones portables de chez nous ça marche pas. Ainsi donc, je n’ai aucun moyen de joindre mon cher paternel. On a fixé un horaire de rencontre et l’idée c’est de s’y conformer.

Alors là, ça devient de plus en plus désopilant l’histoire. Et rassure-toi, ça a bien un rapport avec le rhum au bout. Donc là je m’introduis dans l’aérogare comme on dit, quand t’as passé la sécurité et que tu vas te diriger vers ta salle d’embarquement. Sauf que bon, y’a toujours pas de salle d’embarquement annoncée pour le vol CA164 de la Cubana de Aviación. Normal.

Finalement le vol est retardé une fois, deux fois.

Bon bah clairement je commence à me dire que je retrouverai jamais mon père, que je pourrai jamais payer le taxi, que je vais finir manger par des chiens errants dans une ruelle sordide de la Havane. C’est ce qu’on appelle la panique, quoi. Voilà, En fait là je panique un peu. Mon esprit aventurier et débrouillard se réveille quand même : « Relaxe Doudoune, tu vas bien trouver des gens avec qui partager le taxi une fois à l’aéroport ». Breathe in, breathe out. Bon allez, on monte finalement dans l’appareil.

Niveau de migraine : critique.

Embarquement dans l’avion de l’union soviétique…

 

Pendant le vol d’environ 2h, on nous sert un plateau repas (franchement service de ouf, un truc qui ne se fait plus pour des vols aussi courts dans nos pays capitalistes) digne du réfectoire d’une administration de l’ex-URSS (par contre, ouais faut pas rêver non plus). Bon j’ai tout bouffé quand même, hein, je rappelle que je suis en mode indigent là.

Arrivée à la Havane : un bordel pour récupérer les bagages sur un seul tapis roulant pour tous les vols à l’arrivée ! On est bien à Cuba. Je rencontre d’autres backpackers, partage du taxi : check ! Je change mes 4 pauvres dollars. On s’en va ! Je suis un peu fébrile quand même, j’étais sensée retrouver mon père 3 ou 4 heures plus tôt. On dépose la première personne, puis on arrive à ma destination. J’ouvre la portière, sors du taxi, me dirige vers le coffre pour prendre mon sac à dos et là qui vois-je dans la rue marchant dans ma direction : Papaaaaaaaaaaa !!! Mon coeur s’emballe, mes yeux s’humidifient, je cours dans ses bras ! Depuis ce jour d’août 1995 où il m’avait acheté une glace Magnum chocolat blanc taille XXL, je l’avais pas aimé aussi fort !

Timing incroyable il faut bien le souligner. À croire qu’un père a un sixième sens pour retrouver sa fille.

Au passage, ce récit peut être réutilisé comme tutoriel : Comment arriver à Cuba avec 4 dollars et en toute sérénité ? (libre de droits, c’est cadeau !)

Bon on va y arriver : le rhum ! Après tant d’émotions, il faut un remontant, tu t’imagines bien. On s’en va en marchant vers la casa particular de Ivon y Carlos. Je pose le baluchon et on va direct au bar papa et moi. Et je me descends mon premier mojito made in Cuba. #feliz

Et t’as cru que j’allais prendre un Cuba libre, hé ? Bah non ! J’suis un ouf ! J’hésite pas à mettre des coups de pied dans la fourmilière moi !

Bon et il va sans dire que ce fut le premier d’une loooooooooongue série de cocktails à base de rhum…

À noter (oui c’est maintenant qu’arrivent les informations réellement intéressantes) :

  • Deux grandes marques de rhum à Cuba : Havana club et Santiago de Cuba. La marque Bacardi, qui est à la base cubaine, a été rachetée par une compagnie américaine, ce rhum n’est donc plus produit à Cuba.
  • Les cubains boivent du rhum tout le temps. C’est à dire du matin au soir.
  • Avant de servir les verres de rhum on verse toujours un peu du contenu de la bouteille sur le sol (pour les anciens, les disparus).
  • Quand on trinque on dit : « Salud, dinero y amor » (santé, argent et amour). Dans cet ordre.
  • Best piña colada ever au mirador de Viñales (cf. photo ci-dessous).
  • Le Cuba libre a toujours le même goût. Partout.
  • À Viñales, on a visité une fabrique artisanale de rhum qui s’appelle Guayabita del pinar et c’est très bon.
  • On trempe toujours le bout du cigare dans le rhum ou le miel avant de le mettre dans la bouche et de l’allumer.
  • Boire du rhum aide à danser la salsa. Boire trop de rhum produit l’effet inverse.

Meilleure piña colada du moooooonde à Viñales !!!

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